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Libye : la rébellion gagne ville après ville

samedi 26 février 2011

Les unités de l’armée et de la police de la ville d’Adjabia, située à 200 km au sud de Benghazi, dans le golfe de Syrte, auraient annoncé leur ralliement à l’insurrection. La ville de Zouara, à 150 km à l’ouest de Tripoli a été désertée par les forces de sécurité et serait aux mains des manifestants selon plusieurs témoignages de Tunisiens en fuite. Tout près de la capitale Tripoli, à une cinquantaine de km à l’ouest, Al Zawiyah était le théâtre de violents affrontements il y a encore quelques heures. Plus à l’est de Tripoli, à 200 km, la troisième ville du pays, Misrata, serait tombée. Les forces loyalistes ne contrôleraient encore que l’aéroport.

L’objectif est clair pour les insurgés : la prise de Tripoli où, selon l’Agence France-Presse, des tirs des forces de l’ordre contre des manifestants se sont produits à la sortie de la prière, ce vendredi. Toujours selon cette même source, citant des témoins, des morts seraient à déplorer. Un officier qui n’obéit plus au pouvoir de Kadhafi se dit déterminé à marcher vers la capitale, si elle ne se libère pas elle-même. Et sur le plan de la principale richesse de la Libye, selon des habitants de Benghazi, presque tous les champs pétroliers à l’est de Ras Lanouf échapperaient désormais au contrôle du régime Kadhafi. En outre, les étrangers qui travaillent en Libye continuent de quitter le pays. Certaines personnes commencent à attirer leur attention sur la situation humanitaire.

Un bouillonnement diplomatique Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU est programmée dans la journée à New York. La base de travail de la rencontre, c’est un projet franco-britannique de sanctions contre le régime de Kadhafi, par exemple le gel des avoirs à l’étranger du colonel et de ses proches, « un embargo total sur les armes » et une « saisine de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité », précisait ce matin la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Mais selon certains diplomates, la réunion de New York ne sera pas conclue par un vote... Ils espèrent néanmoins que ce vote puisse avoir lieu.

Il y a aussi en ce moment une réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève. Une réunion d’urgence est également organisée à l’Otan, cet après-midi. Mais la France dit qu’elle ne voit pas la nécessité de cette réunion...

Démissions de diplomates libyens en poste à Paris L’ambassadeur de Libye en France, Mohamed Salaheddine Zarem, mais également l’ambassadeur de Libye à l’Unesco, Abdul Salam el-Galali, sont venus devant les grilles de l’ambassade annoncer leur rupture avec le régime. La nouvelle a été accueillie avec des cris de joie, des applaudissements et des slogans comme « Kadhafi assassin », « Kadhafi dégage » par ceux qui ont pris le contrôle de l’ambassade et qui se font appeler les « enfants de la Libye ».

Ils disent être une petite trentaine de jeunes apparemment venus de plusieurs coins de la France, de Montpellier, Tours encore Caen. Ils ont rejoint l’ambassade cette nuit vers une heure du matin. Ils insistent tous sur le fait que cela s’est passé sans violence, que l’occupation a été pacifique, que rien n’a été abîmé, ni touché, dans les bureaux.

Devant les grilles de l’ambassade, les manifestants ont accroché des photos de personnes blessées, brûlées, des photos qu’ils ont reçues par internet. Ils ont aussi installé le drapeau de l’indépendance, le drapeau de l’avant-Kadhafi et des drapeaux d’autres pays arabes. D’ailleurs cette référence à l’Egypte et à la Tunisie revient souvent. Une dame a rebaptisé la petite place devant l’ambassade « place Tahrir ». Et tous ceux qui sont là espèrent le départ de Mouammar Kadhafi. Une jeune trentenaire ajoute : « Ça fait trente ans que j’attends ça ! ».