LE CONTROLE ET L'ÉVALUATION DES AUTORITÉS ADMINISTRATIVES

Qu'entend-on par autorité administrative ?
Il s'agit de :
-        Gouverneurs de régions
-        Préfets
-        Sous-préfets
-        Et leurs collaborateurs.
Dans autorité administrative il y a le mot autorité, de auctoritas, ce qui permet d'augmenter, d'accroître, de faire grandir (a la différence de 1'imperium qui contraint). Comme les missi dominici de Charlemagne, le Préfet, envoyé en mission sur le territoire, bénéficiant intuiti personnae, de la confiance du Gouvernement, vivant, au milieu de la population, n'est pas un agent d'exécution ; il dispose d'une marge d'appréciation, de l'opportunité, d'ajustement équitable aux situations réelles, en vue d'une valeur ajoutée ; l'esprit doit être celui de l’étymologie, c'est à dire celui du service et non celui d'un pouvoir de domination.
Je rappelle que le Roi Charlemagne envoyait des maîtres des requêtes (les missi dominici) chevaucher dans les provinces pour inspecter, enregistrer les doléances, dans le souci de promouvoir l'unité de la nation, de réduire les abus des autorités locales et d'assurer aux populations l'égalité de traitement.

 

Qu'est ce que l'évaluation ?
L'évaluation est le jugement porté sur une performance indiquée. Elle consiste à mesurer de manière réactive l'efficacité de l'autorité administrative dans l'accomplissement quotidien de ses missions essentielles.

Quelle est l’importance de l’évaluation ?
L’évaluation ne saurait être ni amplifiée, ni simplifiée, mais au contraire, donner la vraie mesure et toute la dimension des faits décriés ou salués afin de susciter la réaction la plus appropriée de la hiérarchie dans le sens de la réprimande ou de la récompense méritées.
Pourquoi évalue-t-on l'autorité administrative ?
- Au plan déontologique, l'action de l'autorité administrative se développe dans un canevas circonscrit par les lois, les règlements ou les usages en la matière ; une gestion non contrôlée présente des risques de dérapages, de démarcation par rapport au droit et à l'éthique, propre à produire des effets contraires aux attentes et desservir l'environnement social qui en est le principal bénéficiaire. Par ailleurs, le droit de regard exercé par la hiérarchie est émulateur et formateur. Sa vigilance préserve l'autorité administrative inférieure des compromissions involontaires et de la léthargie, et sert l'utilité commune de l'unité administrative.
- Au plan managérial, le contrôle et l'évaluation sont des paramètres fondamentaux de toute gestion méthodique ; celle des autorités administratives
n'échappe guère à cette règle qui en fait une gestion mieux avisée, fondée sur des critères objectifs. Cette gestion gagne en crédit aux yeux de l'opinion. Parce que orientée depuis la base, elle tranche avec l'improvisation et l'approximation engendrées par des informations incomplètes ou falsifiées, et échappe aux préjugés divers de complaisance et d'injustice, dès lors qu'elle ne récompense pas le mérite, pendant qu'elle valorise indûment l’inertie.
- Au plan juridique « le fonctionnaire fait l'objet, dès la fin de l'exercice budgétaire et au plus tard le 31 Août de chaque année, d'une évaluation de ses performances professionnelles en fonction des objectifs qui lui sont assignés » (article 42 du décret n°94/199 du 07 Octobre 1994 portant Statut Général de la Fonction Publique de l'Etat).

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